lundi 2 juillet 2018

[ROADTRIP LUBERON] J03 - T'es étanche, toi ?


Au réveil, le ciel est plutôt dégagé et on se dit qu'on va démarrer au sec. Pourtant, c'est bien sous la pluie que le départ se fera. Pete est le plus dégoûté car il a lavé sa moto la veille au soir (ayant noté qu'il y a une étroite corrélation entre le jour où je lave ma moto et la pluie du lendemain, je me demande d'ailleurs si ce n'est pas à cause de lui qu'on a eu autant de flotte…).

Allez, top départ!
En quittant Millau, nous prenons la direction des gorges du Tarn.  A la Cresse, un joli pont métallique attire mon attention mais je n'ose pas arrêter le groupe pour prendre des photos. Nous avons pas mal de route à faire et, vu la taille du groupe, si chacun s'arrête pour une raison ou une autre, nous allons faire du surplace. C'est frustrant, mais les plus beaux spots de photo sont encore à venir et, de toute façon, la lumière est rendue terne par la pluie. Je prends mon mal en patience.

La pluie rend la chaussée glissante et gâche le paysage :-(
Nous avançons un peu plus  dans les gorges du Tarn mais, au bout d'un moment, Olivier arrête la troupe: nous faisons fausse route. Une bifurcation ratée nous a envoyé dans les Gorges de la Jonte au lieu de suivre les gorges du Tarn. Le problème, c'est que Fanch, Annabelle et Dominique sont partis devant sans nous attendre! Nous patientions quelques temps, le temps de faire un point navigation puis nous repartons en sens inverse, direction le Point Sublime.

Sur le chemin, je commence à avoir du mal à descendre les vitesses. Je regarde mon pied gauche et je constate que le levier de vitesse a du jeu. Le diagnostic étant établi, je m'arrête pour resserrer la vis incriminée. Christophe, qui fait le serre file, reste avec moi. Une fois cette maudite vis resserrée, elle ne m'embêtera plus de tout le séjour.

J'entends déjà les mauvaises langues qui racontent que les Guzzi ne sont pas fiables. A ceux-là, je ne répondrai qu'une chose: ça n'est pas un problème de fiabilité mais de vibrations. A chaque fois que je prends l'autoroute avec ma V7, j'ai le même problème! C'est donc juste une allergie à l'autoroute. Rien d'autre.

Le Point Sublime ! (mais pas se jour là)
Nous arrivons au sommet du Point Sublime. Là, c'est la déception ! Non parce que le nom du site est usurpé, mais parce le vent fort qui s'est levé et nous a amené une pluie qui gâche à la fois notre vue et notre vie! La grisaille rend le panorama fadasse et nous pousse vers la buvette. Le café est particulièrement mauvais, mais il nous réchauffe un peu. Il nous redonne assez de courage pour redescendre vers La Malène.

Quelques virages en épingles pour se réveiller.
La petite route qui y mène est plutôt jolie, mais couverte du sable que les orages passés ont amené sur la route. Pas de soucis, donc. Il suffit juste de bien déchiffrer la route et de décélérer avant chaque virage. En arrivant à la Malène , une nouvelle surprise nous attend: le bitume du village a été enlevé et nous devons rouler sur un mélange de sable et de schiste. Descente en première et utilisation du frein arrière sont de rigueur. Personne n'a freiné du frein avant. C'est passé !


Nous traversons le Tarn puis nous attaquons la montée du versant opposé par une belle petite série d'épingles. Malgré une route rendue glissante par la pluie, ma Guzzi, petite, légère et très maniable les passe facilement. Pete, avec son Breakout lourd et maniable comme un supertanker est plus à la peine mais s'en sort avec brio. Mais celui qui prend le plus cher, c'est Laurent B., sur sa 1200 Explorer lourdement chargée, qui tombe dans un virage. Heureusement la chute est sans gravité ni pour lui, ni pour sa machine qui est pourvue de crash-bars efficaces.  Ce qu'il y a d'incroyable avec Laurent, c'est que, malgré sa chute, il garde son sourire et son humour légendaire. Moi, à sa place, je ferais la gueule, me passant et me repassant la chute dans le tête durant toute la journée!

Moïse et sa famille attendant la fin du déluge (reconstitution contemporaine).
Nous poursuivons notre route sur un petit lit de gravillons. Je pense à Laurent B. et son Panzer. J'espère qu'il arrive à se détendre et qu'il ne rechutera pas. Un pluie diluvienne (du latin diluvium, déluge. On est donc loin du crachin breton) nous rejoint à Floirac. Olivier propose d'acheter des sandwichs dans une boulangerie pour repartir au plus vite car nous avons encore pas mal de bornes à faire. Nous organisons une mutinerie et nous cherchons un restaurant pour manger chaud et au sec. Rare sont les établissements ouverts, ce lundi, à Floirac. Nous envahissons un petit bistro, en nous y installant comme nous le pouvons et en dispatchant nos combinaisons de pluie trempées là ou nous le pouvons. Les restaurateurs sont très gentils et ne protestent pas. On apprécie.


On s'en apercevra plus tard, mais Dominique, Annabelle et Fanch on mangé à 500m de là dans un restau avec plein de place…

Après le repas, la pluie s'est calmée mais le ciel est toujours menaçant. Philippe, dont le pantalon n'est pas étanche, s'équipe de sacs poubelles autour des jambes. Avec son casque et sa veste de pluie fluo, il ressemble à un samouraï radioactif. Intriguant !

Philippe, alias Fluo Samouraï !
Nous faisons le plein et nous repartons en direction d'Avignon. La pluie se remet à tomber. Elle ne nous quittera plus jusqu'à ce qu'on arrive dans la vallée du Rhône. On roule prudemment (= lentement), trop lentement pour Christophe qui commence à s'endormir sur son Stelvio. Il s'arrête afin de faire une petite sieste en bord de route. En nous arrêtant à Alès, on constate son absence. Nous sommes inquiets, surtout après la chute de Laurent mais il finit par arriver et nous explique pourquoi il est en retard.

Nous disons au revoir à Gilles qui part retrouver sa femme sur Aix en Provence et nous repartons. La traversée d'Avignon est un cauchemar: les conducteurs du coin sont de vrais chauffards! Les automobilistes parisiens sont des anges à côté (hein, "Mon Ange ?"). A Avignon, le mode de conduite, c'est, pour paraphraser La Fontaine: "la loi du plus fort est toujours la meilleure" (plus ton véhicule est gros et plus tu es prioritaire, alors, nous, en moto, ben, on ne fait peur à personne, sauf aux pigeons…). La sortie d'Avignon est une libération mais il faut rester prudent car il y a encore beaucoup de circulation sur la route.

Nous faisons plusieurs arrêts avant l'arrivée: plein, pharmacie, boulangerie (mais pas le Pont du Gard, dommage). Je ne sais plus où Philippe enlève ses sacs poubelle. Mais c'est une bien mauvaise idée! Les orages ont détrempé les routes et de grosses flaques se sont formées sur la bas côté. Il croise une voiture qui envoie une énorme gerbe d'eau en l'air et… qui retombe sur lui juste après. Il est trempé! La poisse. Ce que nous nous découvrons rapidement, c'est qu'il est juste le premier a être mouillé:. En quittant la vallée du Rhône nous retrouvons notre amie du jour: la pluie. Elle ne nous quittera plus jusqu'à Saignon.

L'accès à la maison qu'Olivier à louée s'avère difficile car le chemin de terre qui y mène est à la fois pentu et glissant. Tout le monde serre les fesses. Personne ne tombe. Ca passe. Les motos, en revanche, se couvrent de boue…

La prochaine fois, je mets des pneus à crampons!
L'hébergement se trouve dans une annexe d'un petit mas provençal. La vue de la terrasse est un gigantesque panoramique sur la vallée et la piscine n'attend que nous (et le soleil). Une fois de plus Olivier nous a déniché un petit bijou pour notre séjour :-)

Home sweet home !
Piscine, sweet piscine !

Nous posons nos affaires, trouvons nos lits puis nous nous détendons autour de l'apéro que Chrystelle nous a préparé. Olivier avait résolu le problème des repas avant de partir: c'est un traiteur qui nous livrera chaque jour notre repas du soir, histoire d'éviter de cuisiner. Sauf que le premier repas est mal engagé: il a prévu des côtes de bœuf à faire à la plancha, celle qui se trouve sur la terrasse. Mais avec la pluie, ça complique un peu les choses…

On réussira tout de même à les cuire. Repas, puis dodo. On tombe tous de fatigue!
Les ronflements des uns et des autres bercerons les rêves des autres...

dimanche 1 juillet 2018

[ROADTRIP LUBERON] J04 - Des villages un peu perchés


Ce mardi, c'est la journée "quartier libre". Ceux qui veulent se reposer se reposent, ceux qui veulent se balader se baladent.

Je fais partie de ceux qui veulent découvrir les alentours. Le départ est prévu à 10h. On va faire le tour des villages perchés du Luberon. Pas beaucoup de kilomètres à faire: on en profite pour récupérer un peu.

Nous avons de la chance: le soleil illumine la terrasse de sa douce chaleur. Après la mousson de la veille, nous apprécions énormément de prendre le petit déjeuner en dehors ! Cela apporte tout de suite une ambiance "vacances" qui nous manquait jusqu'à présent (disons que jusque là, c'était: ambiance "vacances en Bretagne").

Nicolas, qui a réussi à s'échapper de Paris pour venir habiter dans le Sud est venu nous rejoindre. Il nous guidera en partie aujourd'hui.
Il est bien plus bronzé qu'avant, l'enf….
Il a toujours sa 900 Thruxton noire, en revanche :-)

Puis c'est le moment du départ. Les possesseurs de Harley, BMW et Guzzi regardent avec amusement les pauvres possesseurs de motos à chaîne effectuer leur rituel matinal du graissage de chaîne. Bon, sur le coup, ça m'amuse, mais je reconnais que suis aussi obligé de le faire quand je prends ma Triumph: ça n'est donc qu'à moitié drôle pour moi…

The Incredible Fanch: quand il est énervé, il devient tout vert et soulève les motos à mains nues !

Nous ne roulerons pas beaucoup ce matin. A peine arrivés au village de Bonnieux, une terrasse avec une jolie vue nous fait de l'œil (à la très justement nommée Brasserie "Les Terrasses"). On peut garer les motos à côté. On prend un café ? Ah, non, on mange déjà. OK! Cela ne convient pas à tout le monde. Une partie du groupe repart. Les prévisions météo annoncent de la pluie pour l'après-midi. Rouler le possible le matin, c'est peut-être la bonne option?

Pause café ? Non, pause repas, finalement!

Mais pour nous, l'appel de la terrasse est le plus fort. Une Pizza ? Non, car c'est le jour de repos du pizzaïolo. Tant pis, ce sera une salade. Pour oublier la Truffade, pour expier l'Aligot, ce n'est pas mal non plus! Je la compèterai tout de même par un dessert, même si Olivier veut me pousser sur la moto en me racontant qu'on allait ensuite visiter le "village des dessert". C'est pas beau de mentir, Olivier. On ne l'a jamais visité ce villate!

Après ce repas avec vue , nous allons à Lacoste. Pas de crocodiles à voir, mais un château ayant appartenu au Marquis de Sade. Celui-ci jouit, de surcroît, d'une vue magnifique. Nous nous arrêtons pour prendre quelques photos puis nous remontons sur nos bécanes.

Le Château de Lacoste et le Marquis de Sade ;-)
Nicolas nous guide alors vers le village de Ménerbes. Mauvais plan car nous tombons sur un sens interdit qui nous renvoie sur parking payant obligatoire dès l'entrée de l'agglomération. Heureusement, Nico connait bien la région et nous fait faire le tour pour y pénétrer par l'entrée des artistes. Point d'octroi à payer, ici. Après s'être garés au sommet, une superbe vue panoramique sur le Luberon nous attend !


Nicolas doit alors nous quitter pour repartir chez lui. Après les "au revoir" règlementaires, nous prenons la direction de Gordes. Le village est magnifique vu de l'extérieur (nous n'y sommes pas entrés), d'autant plus qu'il est possible de l'observer en détails depuis la colline d'en face afin d'en apprécier toute la beauté architecturale.

Gordes

Nous reprenons la route pour l'abbaye de Notre Dame de Senanques. Nous y faisons une petite pause visite et photo. Un superbe champ de lavande se dresse devant l'abbaye, mais il n'est, malheureusement, pas en fleur. Il faudra revenir plus tard pour les photos ;-)

L'abbaye de Senanques

Sur la route du retour, Olivier nous guide sur de jolies petites routes escarpées et viroleuses. Malheureusement, une courte averse vient mouiller le bitume et gâcher notre plaisir. Une pause à l'entrée d'un village est l'occasion pour Manuel de se reposer. Sa Diavel a l'air bien confortable pour effectuer un petit somme ;-) 

Confortable, la Diavel, même pour dormir :-)


Avant de rentrer, nous faisons un crochet par Apt afin d'acheter une ampoule pour l'Africa Twin de Pierre (à défaut de centrale de clignotants) et de l'huile pour la Guzzi d'Edwin. En effet, suite aux pluies diluviennes de la veille, Pierre a perdu le clignotement de ses clignotants et Edwin est inquiété par l'allumage du voyant "service" sur sa 1200 Sport.

Alors, là, la fiabilité des japonaises en prend un coup!
Nous reviendrons tous au bercail ravis par cette belle journée. La pluie nous a quasiment épargnés; en contraste total avec le déluge de la veille. Est-ce le vrai début de nos vacances ?

samedi 30 juin 2018

[ROADTRIP LUBERON] J05 - Les gorges du Verdon


Départ aux aurores! Enfin, presque. On a dû partir vers 9h! Mais c'est quand même tôt pour des vacances, non ?

La mise en route est difficile. On se perd on se retrouve on se reperd… Bref, on perd du temps à s'attendre, à s'appeler,… Pas évident de rester groupés quand on est 17 motos plus in sidecar et qu'on n'a pas l'habitude de rouler ensemble.

La météo n'est pas aussi favorable qu'hier. Le ciel est couvert et on se fait mouiller par quelques pluies éparses, mais globalement ça passe. Pas de galère. On porte tout de même les combis de pluie.

A la sortie de Manosque, je vois un flash devant moi. Je coupe les gaz, j'essaie de me rappeler quelle est la limitation de vitesse et je cherche à localiser le radar. Je ne le verrai que trop tard. Un autre flash apparait, mais ça vient de derrière moi, cette fois. Merd….. Était-ce moi ou le véhicule d'en face? Je ne le sais pas. Je l'apprendrai peut être en rentrant, via une lettre du Ministère de la Sécurité Rentière…

Nous arrivons au lac de Sainte Croix. Oliver a des problèmes de paramétrages de son TomTom. Ils nous emmène sur quelques kilomètres dans une direction puis nous fait faire demi-tour. Tout le monde ne suit pas. Nous les attendons… puis nous faisons à nouveau demi-tour pour les rejoindre. Ils ont, finalement, eu raison d'attendre car la route initiale était la bonne.

Le lac de Sainte Croix
Dans certains virages, des trouées entre les arbres laissent entrapercevoir le lac de Sainte Croix. Aujourd'hui, il nous gratifie d'une superbe couleur vert jade. La tentation est trop forte: je m'arrête pour en faire des photos. Je constate vite que je ne suis pas le seul. :-)


Etant donné qu'il n'y a qu'une seule route qui longe chaque rive du Verdon, on n'est pas obligés de rouler en troupeau. Chacun avance à son rythme: soit rapide pour profiter des virages, soit en musardant pour profiter de la vue, soit en s'arrêtant tous les 10m pour faire des photos. C'est cette dernière option que choisissent les amateurs de photographie: Bernard, Laurent V. et moi. Le début des gorges est un festin pour les yeux, mais les virages sont tentants également. Ah, comme j'aimerais avoir des yeux indépendants, comme certains reptiles: un œil serait rivé sur le bitume et l'autre scannerait le panorama qui se déroule le long de la route !

Raaaaaah ! :-)
Nous nous retrouvons tous à la Palud sur Verdon pour la pause déjeuner. On tente la terrasse malgré le ciel couvert. D'un autre côté nous n'avons pas trop le choix… Question de place à l'intérieur! Le repas est simple mais le service un peu long. Nous nous activons en fin de repas pour reprendre la route. Bien nous en a pris. Après quelques kilomètre, nous arrivons à un superbe panorama… mais le vent se lève brutalement, les nuages s'obscurcissent et une grosse averse d'orage commence à tomber ! La mise en place de la combinaison de pluie est rapide. C'est désormais notre seconde peau.


Heureusement le vent chasse vite la pluie et nous pouvons aller admirer le panorama en contrebas. La vue, déjà magnifique à la base, devient encore plus extraordinaire lorsque les vautours apparaissent. Il passent, majestueux, se laissant porter par les courants ascendants et planant sans efforts autour de nous. Je regrette de ne pas avoir pris un réflex avec un gros zoom pour les photographier. Bernard et Laurent V. en avaient. J'attends avec impatience leurs photos !


On repart. Chacun à son rythme afin de se gaver les yeux du paysage extraordinaire qui s'offre à nous. Un régal pour les yeux, pour les capteurs des appareils photos et ceux de nos téléphones. Ce passage dans les Gorges du Verdon a été l'un des moments les plus grandioses du séjour.
Magnifique ! (A revoir sous un vrai soleil).


Le retour à notre camp de base est juste gâché par un orage à l'arrivée. Dommage. En mettant ma combi de pluie en vitesse, je perds, au passage, une des boucles de mes sacoches (il faut dire que le système de fixations n'est pas très bien conçu. Honte à une célèbre marque italienne de motos que je ne citerai pas…). Heureusement, je m'en aperçois et un rapide demi-tour suivi de quelques kilomètres sous la flotte me permettent de retrouver la pièce manquante. Elle était exactement là où j'espérais la trouver *ouf*.

Un peu de colle forte en rentrant résoudra définitivement le problème...

vendredi 29 juin 2018

[ROADTRIP LUBERON] J06 - L'assaut du Ventoux


Ce matin, Edwin nous quitte pour repartir sur Paris. Une Guzzi de perdue, il n'en reste plus que deux :-(

Le programme du jour est le Mont Ventoux. Le hic, c'est que la météo n'est pas favorable. Déjà, la veille, il était resté la tête dans les nuages.

Quel est l'intérêt de grimper le Ventoux pour se retrouver dans le brouillard, hein? J'avais déjà donné au Puy Mary quelques semaines auparavant et, là, je croisais les doigts pour que ça ne se reproduise pas.

Le groupe est sujet à beaucoup d'hésitations à cause des prévisions météo. Certains, Comme Vincent, capitulent et vont chercher soleil au sud, d'autres, comme Dominique, restent pour se faire masser.

Au final, c'est un tout petit groupe (Christophe, Olivier, Manuel, Laurent, Lydia, Pete et moi) qui partira.

Captain Crado, aujourd'hui !

Nous attaquons de petites routes viroleuses à la sortie d'Apt. C'est top car malgré le ciel couvert, la pluie nous épargne. 

Devinez quoi ?

Ça n'a pas duré! Un gros orage nous rattrape et nous nous réfugions dans un ancien lavoir en attendant l'accalmie. Le café de Manuel est le bienvenu pour nous réchauffer…


Un panneau publicitaire annonçant la proximité d'une ferme auberge nous nargue. Est-ce une opportunité pour manger et échapper à la pluie ? Manque de chance, ils ne servent des repas que le weekend… et on ne compte pas rester sur place jusque là !

La pluie se calme un peu, mais sans s'arrêter pour autant. Nous remontons sur nos bateaux motos à la recherche d'un restaurant salvateur… que nous trouverons à Sault. Les réfugiés climatiques que nous sommes envahissent une petite crêperie; étalant nos vêtements mouillés là où nous le pouvons. Les patrons sont très accueillants et ne nous blâment pas pour toute l'entropie générée.

Le cuisinier préparer ses crêpes avec des produits locaux. Pas suffisamment garnies, visiblement car nos estomacs les plus gourmands en prendront deux ! En dessert, ma crêpe était accompagnée d'une boule de glace à la lavande: une vraie tuerie! En discutant avec la patronne, elle me met en garde : certaines glaces à la lavandes sont parfois mal dosées. Il faut goûter avant. Je retiens le conseil et je vous donne l'adresse du la crêperie, au passage:
    Crêperie La Moisson
    Place de l'église
    84390 SAULT

En sortant, nous retrouvons notre ami le soleil qui nous faisait tant défaut ce matin. L'assaut du Mont Ventoux peut commencer ! :-)


Je m'arrête juste avant le sommet, peus après le panneau qui affiche "Col des Tempêtes" afin de prendre quelques photos. L'instant est absolument magique. Les nuages défilent sur le sommet du Ventoux puis disparaissent et laissent place au soleil, puis reviennent à nouveau. 

La combinaison de l'atmosphère lunaire et de la lumière changeante me donnent envie de rester jusqu'à la nuit. Je comprends ce qu'à ressenti Ulysse quand il a entendu le chant des sirènes. Il était attaché au mât de son bateau, c'est ce qui a fait qu'il n'est pas resté. Moi j'avais le guidon de ma moto et l'appel de la route. On a réussi à repartir tous les deux.


Je retrouve notre équipe réduite au sommet, perdus au milieu d'une horde d'Italiens massés devant le Stelvio de Christophe. Mince, j'aurais dû arriver plus tôt pour discuter Guzzi avec eux ;-)                
              
Pierre sèche ses gants (méthode très personnelle) !
Après une dernière série de photos, on descend vers Malaucène. Chacun à son rythme. J'arrive le premier en bas et je stoppe ma V7 bien en évidence devant un café. Les autres comprennent le message et s'arrêtent pour boire un coup.

Autour de la table, on rigole encore de la déclaration de Pete peu avant de partir: "S'il pleut, c'est rédhibitoire, je ne viens pas!". Après tout ce qu'on s'est pris, nous sommes bien content qu'il ne regrette pas d'avoir changé d'avis :-)

Le début de route qui suit est rendu pénible par un TomTom qui trace trop droit et nous fait passer par des chemins de terre humide. Je mets un coup de gaz un peu trop fort et ma V7 part de travers. Heureusement qu'elle est légère et maniable: je parviens à la rattraper, mais j'ai droit à une petite suée tout de même. Je me demande tout de même si, la prochaine fois, je n'installerai pas des pneus à crampons légers comme sur la Desert Sled de Vincent ou la Speed Triple de Laurent.

Derrière, les gros cubes font demi-tour et prennent, plus intelligemment, un chemin bitumé plus adapté aux motos de route.


On les attend à côté de l'église. Passe une vieille 305 avec deux gitans dedans, pas vraiment dans leur état normal. Le passager s'adresse à Manuel et lui dit: "t'as de la chance. Elle est encore entière ta moto (la Diavel)!". Gloups. Moto repérée. Heureusement qu'on va les laisser loin derrière nous en partant, ces deux la!

En continuant la progression vers notre camp de base, on croise un accident de moto. Une BMW K1600 grimpée sur une haie. Un motard allongé avec des pompiers autours de lui en train de lui faire un massage cardiaque. Ca fout un coup au moral aussi sec des trucs comme ça.

Christophe s'arrête. Il est médecin urgentiste. Il voit ce qu'il peut faire pour aider la victime, un motard néerlandais, et les pompiers. Il nous racontera plus tard son analyse de la situation et ce qu'il a pu, ou pas pu faire. Le motard a probablement eu un malaise au guidon, perdu le contrôle de sa moto et fini dans le décor. Les pompiers étaient en train de lui faire un massage cardiaque depuis 20 min quand il s'est arrêté. Peu d'espoirs. Sa femme était derrière lui sur la moto. Elle est indemne, mais, merde, sa vie va être difficile après ça...

La tristesse qui pèse désormais sur nous épaules, la pluie froide, la fatigue et un revêtement dégradé nous gâchent la série de petits virolos que nous enchaînons par la suite. Je roule derrière Manuel, puis Laurent. Les trajectoires deviennent incertaines, les virages passent difficilement. Peut être est-ce la même chose pour moi? mais je ne peux le voir...

L'arrivée au camp de base est une libération pour tous. Une douche, un bon repas, un peu de rosé nous aiderons à retrouver une mine normale. Belle journée mais triste fin...

jeudi 28 juin 2018

[ROADTRIP LUBERON] J07 - Le Vercors sur un plateau


Ce matin, nous nous séparerons de Sophie, de Chrystelle et de Philippe.

Notre groupe continue de s'effeuiller lentement.

Ca me rappelle le trip de l'an dernier où nous avions fini à 4 le dernier jour, juste après que Manu nous ait quitté en Vendée (de bien beaux moments, aussi, que je vous invite à parcourir plus loin dans ce blog…)

Nous prenons un dernier petit déjeuner à notre camp de base du Luberon. Les premiers rayons du soleil permettent de finir de sécher les fringues trempées de la veille, les casques, les gants. Le départ se fait en douceur, comme si nous voulions rester encore un peu pour prolonger le séjour de quelques instants.



On retourne vers le mont Ventoux, mais on le contourne au lieu d'effectuer son ascension, cette fois. Les sites marquants du jour se trouvent plus loin, dans le Vercors.

On fait une petite pause café à Vaison la Romaine, sur une grande place au soleil. Le side s'est garé un peu plus loin car on n'a pas fait assez attention au lieu de l'arrêt : pas de place pour garer la presque-voiture d'Annabelle et Fanch (oups sorry!).


Après s'être débarrassés des routes rectilignes et des zones urbaines, nous attaquons une portion de beau bitume bien roulant. On se réjouit de profiter des grandes courbes et des reliefs qui commencent à pousser autours de nous. Nos sourires restent dissimulés sous nos casques mais sont bien présents…

Pause repas à Remuzat, au "Restaurant du Midi". Surprise à l'apéro: les olives servies avec la bière bio locale, la Bivouak sont particulièrement savoureuses. Des "Picholines" nous dit la serveuse. Le bocal géant trône d'ailleurs sur le comptoir. Après qu'Olivier ait fait remarquer que ces olives étaient délicieuses, la serveuse nous en ramène une deuxième tournée. Adorable :-)

Le Restaurant du Midi et sa terrasse accueillante :-)
La salade que j'ai choisie est également une bonne surprise. En croquant dans une tomate, je me surprends à constater… qu'elle a du goût ! J'avais perdu l'habitude sur Paris... Une cuisine simple et des produits locaux de qualité. Tout ce que j'aime !

Nous reprenons ensuite nos motos pour attaquer l'un des plus beaux moment de la journée: l'ascension du col de Rousset. Un enchaînement de virages sur 14 kilomètres. Un revêtement irréprochable, des virages pas trop serrés, qui ne cassent pas le rythme, une route pas trop fréquentée et un festin visuel tout autours. Que demander de plus ? Le coin est bien connu des motards et des cyclistes. Nous nous arrêterons d'ailleurs au sommet, juste à à côté d'un peloton qui venait de finir son ascension.



La descente est moins fun. La route est gravillonnée juste sur des raccords positionnés en entrée et en sortie de virage. Je me fais surprendre par le premier et je dérape un coup. C'est passé, c'est bon! J'ai compris la technique (prendre de l'angle tard et redresser vite) et j'enchaine les suivants sans déraper.

D76 - Une route à retenir
Nous arrivons au col de la Machine. Ce col n'a rien de remarquable, il n'y a même aucun endroit où s'arrêter, mais la suite est belle à s'en décrocher la mâchoire!

Pas de légende: vous savez lire les panneaux, hein ?
La suite, c'est l'enchaînement de la Combe Laval (un énorme cirque que l'on peut admirer depuis un belvédère en bord de route) et de la route qui suit, la route touristique de la Combe Laval (D76): imaginez une route tortueuse, plutôt étroite, collée à la falaise, parfois creusée au travers de la montagne,  et dont le bord droit de finit par un petit muret en pierre derrière lequel la falaise tombe à pic. Un truc unique. Un instant juste magique. Les photos ne rendent pas trop la beauté du site. Je pense qu'un film le ferait mieux. Dans tous les cas, il faut y être pour réellement s'imprégner de la beauté du site.



Le reste du groupe est déjà loin. Je cherche à les rattraper mais je ne les trouve pas. Heureusement Laurent G. me retrouve et m'emmène sur la place principale de Saint Jean de Royans pour y prendre un pot.

Notre route du jour se terminera à Chambéry où nous renouerons avec les bouchons. Pas comme des motards, mais comme des automobilistes coincés dans le trafic car le sidecar n'est pas aussi fin que nos deux roues pour s'infiltrer dans le trafic.

En centre ville, notre troupe doit se séparer en deux car Olivier n'a pas pu obtenir assez de chambres dans Chambéry. Une petite bande devra s'exiler à Challes-les-Eaux pendant que le reste prendra ses quartiers dans Chambéry même.

Je suis dans le deuxième groupe. Nous repartirons, à pieds, vers le centre historique pour y manger dans un restaurant de cuisine locale. Pas de repas léger de prévu, donc. Ce sera une fondue savoyarde: Abondance, Beaufort et Tomme de Savoie viendront caler les estomacs des quatre plus gourmands. Décidément, ce voyage a commencé dans le fromage (Fondue au Saint Nectaire, Truffade, Aligot) et finit dans le fromage (Fondue savoyarde et et Berthoud). J'espère que l'an prochain, on visitera des régions à la gastronomie moins lourde, sinon, je vais devoir troquer ma Guzzi pour une moto plus puissante!

Encore un resto avec des trucs légers à manger. Merci Pierre !

mercredi 27 juin 2018

[ROADTRIP LUBERON] J08 - Entre lacs et Morvan


La journée débute par le chargement de la moto dans le sous-sol de l'hôtel. Glauque, mal éclairé, pas pratique. A la sortie, le soleil nous attend, radieux. Il berce le trajet urbain qui nous conduit au Bourget du Lac, afin de retrouver la team qui a dormi à Challes-les-Eaux. Ils se sont posés à un bar/restaurant qui possède une terrasse avec une vue imprenable sur le lac.

L'atmosphère est détendue, le lieu d'une beauté à pleurer. Nous nous attardons sur la terrasse. Le café remplit nos estomacs pendant que l'image du lac s'imprime dans nos yeux. Pas de vent. Température idéale. On est bien.

Difficile de partir dans ces conditions !

C'est difficile de repartir. Je ne vous raconte pas !

Nous finissons tout de même par remonter sur nos belles pour les nourrir de sans plomb 98. Manque de chance pour nous, il n'y a qu'une seule pompe avec ce carburant au supermarché où nous nous arrêtons. Comme personne n'utilise de gazole et que personne ne veut mettre de ce carburant douteux additionné de 10% d'éthanol son réservoir, on fait tous la queue à la même pompe (sauf Christophe avec son Stelvio et son réservoir digne d'une 1200GS "Adventure").

L'ascension du col du Chat.

La température monte rapidement au niveau du Lac et nous commençons à cuire sous nos blousons. La montée vers le col du Chat est un soulagement. Du moins au début, car il fait frais à l'arrivée. La route que nous empruntons passe au travers d'une forêt dense qui n'offre aucune trouée vers la vallée. Par conséquent, comme nous ne regardons pas à droite à gauche de la route, nous nous concentrons sur le bitume. Et de la concentration, il en faut dans cet enchaînement de virages et d'épingles à cheveux! Un pur bonheur. Arrivés au col, la vue  permet à peine de distinguer quelques bouts du lac, mais des nuages persistants bouchent la majeure partie du panorama.

Bon, et bien, pour la vue, on repassera...

Après une courte pause, nous redescendons. Le groupe s'étire car chacun redescend à son rythme. Cependant, quelques uns finissent par manquer à l'appel. Nous apprenons rapidement que Dominique a un problème avec le frein arrière de sa BM. Nous faisons demi-tour pour la rejoindre et nous finissons par la croiser: son frein s'est remis à fonctionner. Quelle est la nature de la panne ? Un peu d'eau dans le liquide de frein qui s'est vaporisé en chauffant dans la descente ? C'est probable. Toujours est-il que ça refonctionne et que nous pouvons repartir :-)

Pause "on est perdus" et "il est où ce p**** de resto???".

A mesure que nous progressons, les paysages commencent à changer. Il devient moins escarpé et des vignes font leur apparition. Ma Guzzi a troqué les vroaaaar du Col du Rousset pour un Poum poum poum plus tranquille, plus en phase avec le rythme cool de la balade. La pause resto a lieu près de Motz, mais l'adresse est imprécise. Nous errons sur quelques kilomètres avant de finalement trouver le lieu de notre repas. Un bar-restaurant/ posé près d'une base nautique et qui nous offre une belle terrasse ombragée. On sort de table à 15h, donc trop tard pour passer par le Jura, comme initialement prévu. Je suis déçu, mais pas autant que ma petite V7 qui a fait ses premiers tours de roues dans ce massif montagneux avant de venir habiter à Paris. Le changement de taille de plaques d'immatriculation lui a, d'ailleurs, récemment fait perdre son joli numéro de département 39 au profit d'un 75 qui ne fait rêver personne...


On trace donc par les nationales pour éviter les autoroutes, mais la route manque d'intérêt. Beaucoup de lignes droites et d'agglomération. Les paysages sont beaucoup moins beaux que précédemment. Je m'endors sur la moto.

A Bourg en Bresse, nous faisons un arrêt ravitaillement, pour nos estomacs, une fois n'est pas coutume. Quelques provisions pour le soir. Du solide et du liquide. Nos estomacs supportent plus facilement les liquides additionnés d'éthanol que nos motos * paradoxe des motards*. Une employée installe un stand de dégustation à l'extérieur. Nous en profitons. Dégustation de jus de fruits et de brioche. Voici un petit encas imprévu qui nous fera tenir jusqu'au repas du soir.

En quittant Bourg en Bresse, nous roulons sur des petites routes de campagnes sinueuses. C'est bien agréable pour finir la journée. Nous passons à proximité de Cluny, célèbre pour son abbaye. Pas le temps de s'arrêter (comme pour le pont du Gard, grrrr…) mais je note que le village médiéval à proximité mérite le détour, lui ausi. Un "lieu à visiter" de plus ajouté à Google Maps.

Pour cette journée, la route se finit à Saint Gengoux le National (vous connaissez ? Moi non plus!). Olivier nous a loué une énooooorme maison pour la nuit (les miracles d'AirBnB). Pleine de chambres, pleine de salles de bain et une hauteur de plafond à nous faire oublier nos têtes rendues bosselées par les poutres du plafond de la maison de Saignon.

Palace du soir :-)

La maison appartenait anciennement au notaire du village. C'est son petit fils qui nous accueille, accompagné par sa femme qui n'est ni plus ni moins que la fille d'une ancienne domestique de la maison. Ca fait plaisir de voir ce couple, qui a certainement été élevé ensemble, faire fi des anciennes barrières sociales :-)

On n'est pas bien ici ? ;-)

La soirée se finit traditionnellement en apéro, repas, dodo.

mardi 26 juin 2018

[ROADTRIP LUBERON] Jour 09 - le Morvan, le retour


Plein soleil dehors !

Je me réveille trop tard pour dire au revoir à Christophe. Lui et son Stelvio partent pour Alençon à leur rythme. Nous, c'est la direction de Paris que nous allons prendre, mais pas tout de suite.

Nous trainons un peu au petit déjeuner. Pas envie de finir ce voyage trop rapidement. Il nous faut tout de même nous résoudre à quitter la table. Nous rangeons et nettoyons la maison car nous avons rendez vous avec la propriétaire pour l'état des lieux. Pas commode et plutôt rapiat, d'ailleurs. C'est l'impression qu'elle nous laissera... Pas grave, nous l'aurons vite oubliée !

Nous montons rapidement sur nos montures respectives et nous attaquons les petites routes, emmenés par un Pierre très tonique en ce petit matin. Trop, peut être? On attend l'arrière garde qui s'était en fait arrêtée pour ramasser des affaires mal arrimées sur une des motos.

Peu avant Autun, c'est au tour d'Annabelle et Fanch de nous quitter. Avec leur SideBike, ils vont tracer leur propre chemin pour éviter les bouchons parisiens, et surtout rejoindre leur demeure qui a été victime des orages qui se sont abattus sur la région parisienne.

Tchao et à bientôt! :-)

Plus ça va et moins on est nombreux :-(

Nous roulons ensuite, durant quelques kilomètres, sur une route défoncée et gravillonnée. Ce genre de chose ne nous effraie plus et nous y roulons franchement. Arrivés à Autun, nous cherchons une station pour faire le plein. Le premier arrêt est un échec: il n'y a que du gazole et sur SP95E10. Vous y croyez nous ?! Ni 98 ni 95 ! On s'arrache vite fait de là et on se réfugie à un supermarché mieux achalandé.
Non mais!

Une station service sans SP95 ou 98. Vous y croyez, vous ?

Deuxième pause glouglou à Autun. Cette fois pour nous. Sur le parking adjacent les participants d'un rallye touristique se regroupent. On jette un œil aux vieilles élégantes (les voitures, hein) depuis nos motos en partant.

Pierre nous choisit ensuite de belles routes bien lisses, bien roulantes, avec de belles courbes comme nous les aimons. Elles nous feront grimper jusqu'à Château Chinon, dont François Mitterrand fut maire avant de devenir Président de la République. En redescendant sur l'autre côté de la colline, nous bifurquons vers la D37 en direction de Planchez. Une autre belle route.


Nous finissons par atterrir à Dun les Places, à l'Auberge Ensoleillée. Attention, grand moment gastronomique! Fois gras poêlé, riz de veau parfaitement cuits, fromage blanc servi avec sa crème, et clafoutis à la cerise en dessert. Le tout arrosé par un vin de Bourgogne, évidemment. Pas trop arrosé, quand même, car la route n'est pas finie. D'ailleurs, si nous avions encore soif, il suffisait de passer aux toilettes: c'est là qu'ils stockent une partie de leur vin…

Encore un resto où ça va bien se passer...

Pierre nous avait réservé une table à l'extérieur, et quelle table! Une authentique table en pierre. Le soleil et la belle ambiance ont fait le reste :-)

L'Auberge Ensoleillée

En quittant la table, le ciel se fait menaçant. La proposition de Pierre de continuer à explorer les routes viroleuses du coin avant d'aller manger une gaufre à  Quarré les Tombes est tentante, mais on s'est pris tellement de flotte durant notre séjour que l'on préfère évier (la météo prévoit des orages en fin de journée). Nous filons directement sur Quarré les Tombes. Comme promis, le chocolatier qui fait ses gaufres uniquement le dimanche est là, mais nos estomacs sont encore trop pleins pour les goûter (même celui de Pierre qui a pourtant du volume!).
Une fois de plus, je note l'endroit et je me dis qu'il faudra y revenir faire une dégustation… plus tard...

Pour la dernière partie du trajet, c'est vers l'autoroute que nous nous dirigeons. Casse pieds, soporifique, ch…. Mais c'est le mieux pour finir un trajet droit et plat qui ne présente plus d'intérêt, surtout après tout ce que nous avons vu précédemment !

Un dernier plein sur une aire d'autoroute est l'occasion pour certains de faire une micro-sieste. C'est aussi l'occasion de se dire au revoir. Comme le disait très justement Oliver, se séparer sur une aire d'autoroute, c'est moche, mais Manuel trépigne d'impatience pour aller retrouver sa belle, Laurent trop fatigué pour repartir tout de suite. Nous nous séparons en deux groupes. Olivier, Lydia et Laurent continuent leur pause. Pierre, Dominique et moi tentons de rattraper Manuel qui a rapidement filé sur sa Diavel.

On ne le rattrapera jamais.

Après une micro-sieste, un réveil qui fait travailler les abdos !

Pierre nous quitte à l'approche de Paris. Je reste avec Dominique sur la Francilienne.
Des bouchons, déjà.
Ils sont causés par un accident de moto.
Petit pincement au cœur. La peur que ce soit Manuel car il avait l'air complètement crevé tout à l'heure.
Non, ça va, ce n'est pas lui. Ouf.

Je me sépare de Dominique sur la N118. Elle continue en direction de la porte de Saint Cloud et moi en direction de celle de Châtillon.

Juste avant d'arriver chez moi, j'ai droit à un comité d'accueil. "Coupez le moteur, enlevez le casque, contrôle des papiers". Comme si ce n'était pas déjà assez casse pied comme ça d'affronter Paris. Il faut que je tombe sur une bande de Schtroumpfs en mal d'activités ! Tout est en règle. Ils ne font même pas le tour de la moto. Je repars et j'arrive chez moi presque aussi tôt.

Voilà.

De ces 2700 kilomètres de bonheur il ne reste plus, désormais que des souvenirs, un film à venir (hein, Viencent ?;-)), quelques photos et ce récit.

Et l'envie de repart, bien sûr.

La destination de l'an prochain ?
Vers un pays où le soleil brille et où les pluies sont de courtes durées. C'est sûr !